Axe 1 

Entreprises, marché du travail et réglementation des marchés

Les chercheurs :

Patrice Borda, Joël Raboteur, Sébastien Mathouraparsad, Paul Rosele Chim

 

Chercheurs associés :
Olivier Manioc, Héloïse Petit, Juliette Cordette, Jean-Luc Plumasseau, Katie Lanneau, René Santenac

Sous-axe I-1 : Travail et développement insulaire


   Cet axe abordé qui était déjà un axe fort du Lead avant la restructuration reposait sur le lien entre, d’une part, les institutions et le chômage et, d’autre part, entre le marché du travail et le développement. Des travaux plus récents mettent l’accent sur plusieurs éléments : l’impact des institutions du marché du travail, les inefficacités dans les choix éducatifs en présence de frictions sur le marché du travail. Comment ne pas relier ces éléments en s’interrogeant sur l’impact des institutions du marché du travail sur les choix éducatifs ? Ce questionnement englobe l’étude des effets des rigidités sur le marché du travail sur la durée d’éducation, l’évolution du nombre de travailleurs qualifiés, mais aussi sur la structure de l’investissement en capital humain et sa répartition entre des compétences générales et des compétences plus spécifiques.


   En premier lieu, comment ne pas s’interroger sur l’impact du niveau d’éducation ou de qualification de la main d’œuvre sur le choix de ces institutions, ainsi que sur le fait qu’en présence d’une population disposant essentiellement de compétences générales il vaut mieux favoriser la mobilité et donc la flexibilité du marché du travail, alors qu’en présence de compétences spécifiques il vaut peut-être mieux préserver la main d’œuvre des coûts liés à la mobilité en adoptant des institutions plus rigides.


  Il apparaît cependant que les économies qui ont choisi des institutions rigides choisissent également d’opérer des réformes à la marge pour rendre le marché plus flexible, mais en faisant porter le coût de cette flexibilité seulement sur une partie de la population (par exemple les jeunes et les moins qualifiés). 


   De nouvelles perspectives de recherche semblent alors nécessaires afin de saisir l’origine de ces choix, et également pour comprendre leur impact sur les investissements en capital humain.

En second lieu, si les réformes à la marge semblent critiquables, quelle alternative envisager ? Cet examen des institutions du marché du travail amène ainsi à s’interroger sur les voies de réformes alternatives qui pourraient être envisagées. Il semble nécessaire d’étudier l’impact de ces réformes potentielles sur la performance globale du marché du travail ainsi que sur la performance des différents groupes éducatifs qui sont susceptibles d’être affectés

   Il est nécessaire de souligner que, en liaison avec les différents programmes de recherche de la Banque centrale de la Barbade, de l’Université des West Indies, le CREDDI compte aussi approfondir le programme de recherche sur la propagation des cycles dans les petites économies ouvertes (ou le RUP). De ce point de vue, la modélisation DSGE ou EGC constitue un outil d’analyse important pour les recherches menées dans le sous thème développement des économies insulaires. Les modèles dynamiques stochastiques d’équilibre général permettent en particulier de répondre à certaine question de politique économique. Rappelons que son application à certain champ de la macroéconomie connaît actuellement d’importants développements qui pourraient s’appliquer aux petites économies insulaires ou des RUP.


   Jusqu’ici abordé sous un angle purement économique, cette recherche inclurait dorénavant dans le cadre du CREDDI une approche également juridique. Il serait en effet abordé la question de l’adéquation du droit du travail français avec l’ensemble des spécificités pouvant caractériser le marché du travail de type insulaire par exemple la problématique d’un développement de normes d’origine collectives et négociées en vue d’une meilleure adaptation de certaines règles gouvernant la relation travail au contexte insulaire mériterait certainement d’être entreprise. De même, l’étude de l’amélioration des outils tels que congé de formation, contrats d’insertion, etc. qu’offre le droit du travail en vue de favoriser la formation des salariés se justifierait fortement.

Sous-axe I-2 : Echanges et développement

 

   Une économie insulaire du type de celle de la Guadeloupe se caractérise naturellement par des flux d’échanges de richesses. Dans une perspective de développement, il paraît opportun de mener une recherche ayant pour objet de bien identifier les échanges économiques qui caractérisent l’économie de la Guadeloupe, puis de comparer ces échanges avec ceux que peut connaître une économie par exemple de type métropolitain. Tout ceci naturellement dans une approche nécessairement globale en un siècle de mondialisation comme le nôtre. Une telle recherche fera sans doute apparaître la possibilité voire la nécessité d’une optimisation de ces échanges. En particulier, s’il apparaissait que ces échanges s’articulent principalement et unilatéralement autour d’un axe Métropole-Guadeloupe, semblable constat appellerait nécessairement l’étude des moyens d’une diversification des échanges, particulièrement au sein du bassin caribéen. Pour ne citer qu’un exemple, le domaine des transports dans une perspective intra caribéenne, l’implication des acteurs publics et privés dans une perspective de développements des transports maritimes et aériens entre les îles de la Caraïbe, représenteraient autant de thèmes de recherche qu’appellent de leurs vœux nombre d’opérateurs économiques. 


  L’étude, de nature économique en ce qu’elle imposerait parmi d’autres une analyse de la complémentarité des économies des différentes îles de la Caraïbe, revêtirait également une dimension juridique. Dimension se traduisant par exemple par le recensement des outils juridiques de nature à favoriser une intensification des échanges économiques et commerciaux entre économies insulaires. Ces analyses rejoindraient à cet égard les travaux réalisés actuellement sous l’égide de l’OHADACC en vue d’une harmonisation du Droit des affaires dans les Etats de la Caraïbe.

 

Sous-axe I-3 : Régulation et concurrence


   Sur les thèmes touchant aux relations entre le droit et l’économie, le CREDDI poursuit des recherches dans une perspective transversale et comparative. Sont ainsi concernées les questions relatives à la régulation judiciaire des activités économiques, à la concurrence, aux concentrations, à la régulation, aux SIEG, à la gouvernance d’entreprise et à la RSE, les questions contractuelles, les droits de propriété intellectuels et industriels, le travail ainsi que la problématique des incidences de la globalisation sur l’environnement juridique et économique international.

    La théorie de la régulation repose sur l’analyse des plusieurs formes institutionnelles notamment celle la concurrence par la prise en compte de concepts tels que degré de concentration, la formation des prix et la concurrence entre salariés. La typologie des crises que permet la théorie de la régulation par le biais des différents désajustements endogènes offre un cadre d’analyse qui paraît convenir à l’explication de la situation sociale notamment dans les DOM. . Les crises endogènes permettent en général de résorber les différents déséquilibres qui se sont faits jour durant la phase d’expansion, sans altération des formes institutionnelles. Une économie de type insulaire a habituellement pour trait caractéristique un marché économique de taille réduite. Les opérateurs économiques locaux y sont moins nombreux que sur un marché par exemple de type métropolitain. Cette dimension réduite du marché ne peut demeurer sans incidence sur la dimension des opérateurs surtout si le marché insulaire opère, repliée sur lui-même, sans grande ouverture vers l’extérieur. Ces quelques observations, qui relèvent plutôt de l’a priori ne peuvent qu’inviter à approfondir la connaissance du marché insulaire comme celui de la Martinique ou de la Guadeloupe.

  • Doit-t-on y voir un véritable marché ?

  • Quelles en sont les caractéristiques ?

  • Quelles sont les incidences de ces caractéristiques sur la taille ; le nombre, la force et la pérennité des acteurs économiques ?

  • L’histoire de ces îles a-t-elle laissé des empreintes qui donnent aujourd’hui à ces marchés leur configuration actuelle ?

  • Configuration pouvant être jugée souhaitable ou indésirable ?

  • La recherche, de nature économique et historique devrait permettre de répondre à ces questions structurelles ?

 

    Une fois cette recherche opérée, s’en ajouteront naturellement d’autres, permettant alors une orientation vers la sphère juridique :

  • Les règles du droit de la concurrence, c’est-à-dire pour ce qui nous concerne les règles issues du droit national et du droit communautaire de la concurrence, sont-elles adaptées au contexte de l’insularité ?

  • Y aurait-il lieu de prévoir une réglementation dérogatoire afin de tenir compte des spécificités insulaires, par exemple permettre une réglementation plus draconienne en matière de formation des prix ?

  • En particulier le rôle des organes publics dans l’organisation et le jeu du marché insulaire doivent-il se voir redéfis, de façon par exemple à garantir un tissu d’entreprises suffisamment significatif ?

 

    De façon plus générale, et dans un souci d’ouverture, il serait opportun de réfléchir à la possibilité d’une zone économique plus globale, incluant des différents pays de la Caraïbe, voire à la création d’un véritable marché caribéen, obéissant à une régulation propre.

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